

Les Wilsons Barbers en pleine action
Si la plus grosse demande des personnes en situation de grande précarité reste un hébergement pérenne, l’accès à l’alimentation et aux vêtements est quant à lui, à peu près couvert par diverses associations et la solidarité citoyenne. (maraudes, distributions alimentaires…).
Mais il est compliqué de trouver un coiffeur quand on est à la rue.
Les associations qui proposent des services de coiffure solidaire s’adressent principalement aux femmes et ces services ne sont souvent accessibles qu’avec l’orientation d’un travailleur social. Parmi ces associations, on peut citer l’Association Joséphine, et à Paris, les Espace Beauté et bien-être d’Emmaüs et L’Oréal.
Dans les campements, dans la rue, dans les squats, c’est la débrouille, le copain ou la copine de galère qui a des ciseaux ou une tondeuse.
Alors, dans certaines villes, des coiffeurs de rue ou « street-barbers », offrent leurs services gratuitement, dans la rue. A Grenoble, il y a Street’Coiff, à Caen, Coiff dans la rue Caen , dans le Sud de la France, les coiffeurs du coeur, et des actions ponctuelles de barbers comme Kunga (Tibetan Barber) et bien sûr, depuis 2021, les Wilson Barbers.
Et c’est bien plus qu’une simple coupe de cheveux :
– Une dignité retrouvée
L’apparence améliorée, une belle coupe de cheveux , une barbe rasée de près…permettent à la personne coiffée de se réconcilier avec son image. Elle se sourit dans le miroir après la coupe quand souvent elle prend place sur le fauteuil avec hésitation et timidité.
Une fois coiffée, la personne se sent regardée et appréciée comme un être humain et non plus comme une catégorie de personne, un migrant, un exilé, un SDF…
Elle est touchée physiquement par le coiffeur qui, par ce geste, lui rend son humanité.
– (Re)devenir client
Les personnes coiffées (re) deviennent des clients avant d’être des bénéficiaires.
Leurs choix sont pris en compte par le coiffeur, contrairement à ce qui se passe dans leur quotidien à la rue où tout choix leur est interdit : choix de lieu de vie, choix de l’alimentation (en distribution, on mange ce qu’il y a – en banque alimentaire, on prend ce qui est donné)…Durant une session de coiffure solidaire, le client, comme en salon de coiffure, est roi.
– Un instant de pause dans un quotidien difficile
Durant la coupe, le client ne pense qu’à lui.
La discussion porte, comme en salon, sur la famille, le temps qu’il fait… loin des tracas d’un parcours migratoire complexe, de la recherche de nourriture, de logement, des tracas administratifs, des rendez-vous en préfecture et surtout loin de l’inquiétude du lendemain.


