Les femmes payent 47% de plus que les hommes dans un salon de coiffure !
Dans de nombreux salons de coiffure, il est courant que les femmes paient des tarifs plus élevés que les hommes pour des services similaires, voire identiques.
Ce serait justifié par la complexité supposée des coupes ou des styles demandés par les femmes, ou par la longueur de leurs cheveux. Les salons argumentent que les services pour les femmes impliquent plus de travail, de temps et de produits, ce qui justifie les tarifs plus élevés.
Cependant, beaucoup remettent en question cette pratique, soulignant qu’elle est basée sur des stéréotypes de genre et perpétue l’inégalité dans la tarification des services. Alors, certains salons adoptent une approche de tarification unisexe, facturant en fonction du service plutôt que du genre du client. Cette pratique plus égalitaire gagne en popularité, car elle reconnaît que la longueur ou la complexité d’une coupe ou d’un style peuvent être les mêmes indépendamment du genre.
En définitive, cette disparité de tarifs entre hommes et femmes dans les salons de coiffure est critiquée comme une forme de discrimination basée sur le genre. C’est un vrai sujet de débat sur l’égalité des genres !
Militer
Le collectif « Coiffure en Lutte », un collectif militant de coiffeur·euse·s, chef.es d’entreprises, artistes, étudiants.es, et personnes de divers secteurs d’activités – dénonce les tarifs genrés appliqués par les salons de coiffure.
Ce collectif s’est formé pour défendre les droits des coiffeur·euse·s en France. Lancé en 2021, ce mouvement revendique des conditions de travail décentes, incluant des salaires justes et des horaires raisonnables. Iels militent également pour le respect des normes de sécurité et d’hygiène dans les salons.
Parmi leurs revendications figurent surtout une tarification non discriminatoire, déconnectée du genre du client. Cette lutte pour l’égalité tarifaire s’inscrit dans leur quête plus large pour une industrie de la coiffure plus équitable et respectueuse des droits de chacun·e.
Plus d’inclusivité
Cette tarification égalitaire séduit de plus en plus de salons de coiffure car elle permet un accès plus inclusif des client-es, quelque soit leur genre. Avec les prix hommes-femmes traditionnels, il est parfois difficile de savoir quel tarif appliquer. Faudrait-il demander son genre à son client au moment de facturer ? Le salon de coiffure n’est pas un endroit où l’on vient parler de son genre, sauf si l’on en ressent l’envie.

Dans une interview au magazine Urbania, Vic de QUEER CHEVELU explique :
« La grande majorité de ma clientèle est queer. [La tarification non genrée] était une évidence pour moi, parce que je suis sociologue de la sexualité et du genre, et moi-même queer. Ça me parait évident de proposer des choses aux personnes qui sont les plus discriminées, et de donner un espace à des personnes qui veulent juste avoir leur coupe de cheveux. […] C’est parce qu’elles sont discriminées dans les salons classiques, où il y a un rapport très fort aux normes de genre, et à la « normalité » de manière générale… Et c’est présent partout en France. Au fil de temps mes client·e·s m’ont raconté des centaines et des centaines d’anecdotes, qui se ressemblent toutes : iels sont confronté·e·s à des refus. Par exemple, pour les personnes perçues comme des femmes, on refuse de couper leurs cheveux plus courts, ou à la tondeuse, parce que ce ne serait pas assez féminin. En plus, on va te faire payer plus cher parce que tu es une femme, pour aucune raison ! »
Vic est l’une des personnes fondatrices du collectif « Coiffure en lutte »